Août 2026
Le bulletin de veille rend disponibles au public des informations pertinentes, rigoureuses et fiables issues d’articles scientifiques ou de la littérature grise sur des thèmes liés à l’enfance, à la famille, aux services de garde et à la lutte contre l’intimidation.
La veille a pour but d’alimenter la réflexion stratégique sur des thèmes liés à la mission du ministère de la Famille. Elle permet d’identifier les nouvelles tendances, les pratiques émergentes ainsi que les enjeux susceptibles d’influencer la prise de décision et permettant d’anticiper les changements importants.
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Ce colloque organisé par le Centre de recherche Jeunes, familles et réponses sociales (JEFAR) aura lieu les 19 et 20 novembre 2026 à l’Université Laval à Québec.
Ce rapport s’inscrit dans un vaste projet de recherche qui vise à quantifier les coûts économiques et sociaux du manque de logements adéquats (abordables, de taille et de qualité convenable) au Québec. Il aborde deux thèmes : les répercussions de la crise du logement sur la violence domestique et celles sur le développement des enfants.
Les auteurs évaluent le coût de la violence conjugale en s’appuyant sur le cadre d’estimation utilisé dans l’étude Une estimation de l’incidence économique de la violence conjugale au Canada en 2009. Ils utilisent également d’autres données pour obtenir une estimation adaptée à la province et évaluent le coût global de la violence conjugale au Québec en 2022 à environ 2,3 milliards de dollars.
Les auteurs notent que les personnes susceptibles d’occuper un logement surpeuplé ont davantage de risque d’avoir vécu au moins un acte de violence entre partenaires intimes au cours des 12 mois précédant l’étude, comparativement à celles susceptibles d’habiter un logement de taille convenable. Ils estiment à environ 1 % la part des cas de violence entre partenaires intimes au Québec qui pourrait être attribuée au surpeuplement des logements. Ainsi, sur la base de leur évaluation globale, ils évaluent le coût de la violence conjugale attribuable au logement de taille insuffisante à environ 23,2 millions de dollars au Québec en 2022. Pour le deuxième volet de la publication, les auteurs se penchent sur les coûts reliés à la non-diplomation au secondaire, en examinant les effets du manque de logements adéquats sur le développement de l’enfant au moment de l’entrée à la maternelle (aptitudes préscolaires) et en 6e année du primaire (épreuve de lecture).
Bien qu’il ne leur ait pas été possible d’attribuer une part précise de la non-diplomation aux mauvaises conditions de logement – les facteurs ayant le plus d’effets étant le faible revenu de la famille et la faible scolarité de la mère –, les auteurs affirment que les mauvaises conditions de logement influencent néanmoins tout le parcours scolaire. En effet, il s’agit d’un facteur de vulnérabilité qui affecte les aptitudes préscolaires ainsi que les résultats aux épreuves ministérielles à la fin du primaire et qui compromet la diplomation au secondaire.
Cette note d’analyse, préparée par le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan de la France, porte sur les politiques qui permettent de soutenir la réalisation des projets parentaux tout en respectant la diversité des aspirations familiales.
Dans un contexte où la natalité a diminué en France et dans de nombreux pays, le Haut-commissariat aborde les répercussions de leviers mis en place en Europe et ailleurs dans le monde pour faire face à cette réalité. Il constate des effets contrastés des politiques natalistes, parfois limités ou transitoires. En outre, plusieurs de ces politiques entraînent des conséquences néfastes sur l’emploi des femmes, l’égalité entre les femmes et les hommes et le respect des libertés individuelles.
Le Haut-commissariat formule des recommandations qui mettent en exergue les trois piliers des politiques familiales européennes :
Il préconise une indemnisation généreuse des congés parentaux propres à chacun des parents, donc non transférables, ainsi qu’un accès équitable aux services de garde à la petite enfance pour toutes les familles. Il recommande aussi de garantir progressivement un accès effectif à un service de garde formel aux enfants dès l’âge d’un an et de prioriser les territoires où l’offre demeure la plus insuffisante ainsi que les familles à faible revenu. Quant à l’Union européenne, elle devrait s’assurer de fournir l’accès à des données démographiques de qualité afin d’éclairer les décisions et protéger les droits sexuels et reproductifs des femmes.
Le Haut-commissariat souligne que le recul de la fécondité est une réalité démographique qui est appelée à durer et qui doit, par conséquent, être prise en compte dans les discussions sur les leviers de croissance économique dont l’augmentation de la productivité, la progression du taux d’emploi et le recours à l’immigration économique.
Baisse de la natalité : adapter les politiques familiales sans normer les choix (Eur.)
Les auteurs de ce document, préparé pour la Commission européenne de l’emploi et des affaires sociales, se penchent sur le soutien à apporter aux familles qui présentent un risque particulièrement élevé de pauvreté et d’exclusion sociale.
Les familles monoparentales, en particulier celles dirigées par une mère, subissent les désavantages socioéconomiques les plus graves, tandis que les familles nombreuses (trois enfants et plus) sont exposées à un risque de pauvreté supérieur à la moyenne en raison des coûts liés à l’éducation de plusieurs enfants. Confrontées à des pressions pour concilier leurs aspirations familiales et la hausse du coût de la vie, ces familles ont besoin d’un soutien accru.
Certains pays membres de l’Union européenne (UE) ont d’ailleurs mis en place une carte de réduction des prix de certains biens et services pour les familles nombreuses ou vulnérables. Les auteurs formulent quelques recommandations pour en généraliser l’usage. Ils recommandent à l’UE de poursuivre la promotion de politiques favorisant le bien-être des familles et la conciliation travail-famille, en adoptant notamment des modalités de travail flexibles et des mesures incitatives pour que les pères prennent un congé parental. Quant aux pays membres de l’UE, ils doivent s’assurer que le soutien offert aux familles est accessible, ciblé et adapté au coût de la vie et à la composition familiale. Ils doivent également assurer aux familles vulnérables l’accès aux services de garde à la petite enfance.
En complément, les auteurs proposent de consolider les données pour obtenir un portrait étoffé des familles dans toute leur diversité et de bien évaluer les effets des nouvelles politiques.
Addressing EU Demographic Challenges : Supporting Large Families and Single Parents (Eur.) – En anglais seulement
Les auteurs de cette étude s’intéressent au lien entre les préoccupations environnementales des individus et leur choix d’avoir ou non des enfants.
Les auteurs ont utilisé des données d’une étude longitudinale menée au Royaume-Uni de 2009 à 2022. La sélection étudiée comprend 11 951 femmes et 8 117 hommes. Selon les résultats, des craintes quant à l’avenir et à la viabilité du monde dans lequel naîtront les enfants sont présentes chez plusieurs répondantes et répondants. Les participantes et les participants dont les préoccupations environnementales sont moins élevées ont généralement des enfants plus tôt, tandis que les personnes qui ont de fortes préoccupations à ce sujet retardent leur projet parental.
Bien que les attitudes pro-environnementales soient associées à des chances moindres de parentalité, les auteurs soulignent qu’il est impossible de cibler les mécanismes liés à ce choix de façon précise. En effet, d’autres facteurs liés au parcours de vie et aux caractéristiques sociodémographiques exercent aussi leur influence, de même que les normes sociales qui mettent l’accent sur la parentalité.
Do Environmentalists Forgo Parenthood? A Life Course Perspective on Fertility Expectations and Behaviors in the UK (Eur.) – En anglais seulement
Les auteurs de cette étude examinent l’effet de la flexibilité du travail sur la pénalité liée à la maternité, soit l’écart entre la trajectoire professionnelle des hommes et celle des femmes à l’arrivée d’un enfant.
Ils ont vérifié dans quelle mesure le développement récent du télétravail a permis d’atténuer ou de renforcer cette pénalité, en analysant les contrats de télétravail offerts en Italie après la pandémie de COVID-19 ainsi que des données administratives italiennes. Ils notent qu’une exposition accrue au télétravail a réduit les pertes de revenus des nouvelles mères. En effet, cette flexibilité leur permet de travailler un plus grand nombre de semaines et d’avoir moins recours à des congés parentaux. La progression de leur carrière en bénéficie également. Les effets du travail à maison sont particulièrement importants pour les mères plus jeunes et à faible revenu, ainsi que pour celles occupant des emplois où les revenus sont liés plus étroitement au nombre d’heures travaillées.
Ces effets sont moins notables chez les pères, mais la flexibilité offerte à ceux-ci peut avoir des bénéfices pour les mères. Le fait d’avoir la possibilité de télétravailler rend les couples plus susceptibles d’avoir des enfants. Les données montrent également que le télétravail et la flexibilité du travail permettent de réduire les écarts salariaux entre les hommes et les femmes.
Workplace Flexibility and the Motherhood Penalty: Evidence from the Diffusion of Remote Work (Eur.) – En anglais seulement
Les auteures de cet article ont utilisé des données recueillies dans le cadre d’une étude longitudinale finlandaise sur la vie quotidienne des familles afin de connaître le point de vue des femmes sur la sécurité économique.
Les données de 21 entretiens menés auprès de mères finlandaises en 2024 ont été analysées. Selon les résultats, la sécurité économique comporte un aspect relationnel et repose sur des dimensions interconnectées qui incluent l’accès à des ressources financières suffisantes, le niveau de revenu, la structure familiale et la présence de filets de sécurité formels ou informels.
Les résultats mettent en lumière la responsabilité collective et individuelle de la sécurité économique. En effet, la confiance des mères dans l’avenir repose sur les moyens individuels dont un emploi stable, une bonne santé, un logement sécurisé et des économies, mais aussi sur le soutien collectif, c’est-à-dire les relations au sein des familles, qui forment des filets de sécurité financière et des structures sociales plus larges.
Les participantes estiment que la sécurité financière est essentielle pour exercer pleinement leur rôle maternel, puisqu’elle permet de répondre aux besoins des enfants et de les protéger de l’insécurité.
Carrying the Mother’s Load: Mothers’ Perceptions of Economic Security in Families with Children in Finland (Eur.) – En anglais seulement
Les auteurs de cette étude s’intéressent aux liens entre la façon dont les jeunes Australiens envisagent leur avenir, leurs niveaux de préoccupation environnementale et économique et de confiance sociale et institutionnelle ainsi que leur désir d’avoir des enfants.
Ils ont utilisé les données de Growing Up in Australia, une enquête qui suit, depuis leur naissance en 2004, un échantillon représentatif d’enfants aujourd’hui devenus adultes, issus de tous les États et territoires en Australie. Les résultats montrent que les préoccupations des jeunes Australiens concernant l’environnement, l’accès à l’emploi dans le domaine de leur choix et l’économie mondiale ainsi que leur niveau de confiance envers la société et les institutions sont liés à leurs espoirs d’avoir ou non des enfants.
Parmi les jeunes qui s’inquiétaient le plus de ne pas se trouver un emploi ou au sujet de l’économie mondiale, 19 % n’espéraient pas avoir d’enfants; parmi les plus préoccupés par l’environnement, 20 % ont déclaré ne pas espérer en avoir. La confiance des jeunes envers les institutions publiques, telles que les hôpitaux et les écoles, est fortement liée à leur désir d’avoir des enfants. Le souhait d’avoir des enfants (à court ou à long terme) est lié au sentiment de sécurité et d’optimisme que les jeunes éprouvent face à leur situation actuelle et future.
Young Australians’ Concerns and Trust Are Related to Their Family Formation Goals (Int.) – En anglais seulement
Ce rapport de l’UNICEF Innocenti examine comment les inégalités économiques influencent la vie des enfants dans 44 pays classés comme à revenus élevés et/ou membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Les auteurs constatent que de grandes inégalités persistent au sein des pays riches et que ces écarts ont de graves conséquences sur la santé physique, le bien-être mental et les compétences des enfants. Les fortes inégalités font que les enfants issus de familles plus pauvres sont systématiquement exposés à des risques plus élevés de problèmes de santé, à une moindre satisfaction dans la vie et à de plus faibles résultats scolaires.
Ces enfants ont généralement accès à des ressources moins nombreuses et de moins bonne qualité, que ce soit à la maison, dans leur quartier ou à l’école. Cela inclut, en outre, des logements et des services locaux de moindre qualité, une plus grande insécurité alimentaire et des problèmes environnementaux plus importants.
Les gouvernements peuvent agir dans plusieurs domaines pour minimiser les effets des inégalités sur le bien-être des enfants en réduisant la pauvreté infantile. Les auteurs suggèrent entre autres d’améliorer les filets de sécurité sociale (notamment les allocations familiales et infantiles et le salaire minimum) ainsi que l’environnement et les services locaux, grâce à des logements subventionnés et à des investissements dans les infrastructures des quartiers défavorisés pour bonifier les installations publiques de loisir et accroître les espaces verts.
Innocenti, Unequal chances: Children and economic inequality, Innocenti Report Card 20 (Int.) – En anglais seulement
Cette revue de la littérature, réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), porte sur les tendances relatives à l’utilisation des réseaux sociaux chez les jeunes âgés de 15 ans et les répercussions liées à leur usage. Les auteurs examinent notamment les liens entre l’utilisation des réseaux sociaux et les résultats scolaires des jeunes.
Les résultats révèlent que les jeunes de 15 ans vivant dans les pays membres de l’OCDE passent en moyenne près de 35 heures par semaine sur les réseaux sociaux, ce qui est plus que le temps consacré aux devoirs et aux cours. Lorsqu’ils font usage de ces plateformes, les jeunes passent plus de temps à naviguer (faire défiler le contenu) qu’à communiquer avec les autres ou à partager du contenu numérique. Les adolescentes sont particulièrement exposées aux effets négatifs liés à l’usage des réseaux sociaux, dont une mauvaise image corporelle et de l’isolement. Les jeunes qui utilisent les réseaux sociaux avec modération (généralement moins de trois heures par jour) obtiennent de meilleurs résultats en lecture, en mathématiques et en pensée créative que ceux qui ne les utilisent pas. En revanche, un usage excessif est associé à une moins bonne performance dans toutes les compétences scolaires.
En outre, une utilisation hebdomadaire des réseaux sociaux de 35 heures est associée à une baisse estimée à environ 37 points des résultats en mathématiques pour les élèves issus de milieux favorisés et à 19 points pour ceux issus de milieux défavorisés.
Growing up in the Social Media Age (Int.) – En anglais seulement
Ce cadre de référence présente une approche pédagogique en petite enfance chez les Premières Nations. Il met l’accent sur la transmission de la culture et sur l’apprentissage en contexte, par l’observation et l’expérimentation.
Le cadre de référence ne vise pas à imposer des méthodes précises, mais à offrir un cadre adaptable aux communautés dans l’élaboration de leur programme d’éducation de la petite enfance. Il présente les fondements éducatifs essentiels, qui sont l’éducation à la vie, l’éducation au territoire et à l’environnement et l’éducation communautaire et intergénérationnelle. Les approches éducatives qui s’adaptent aux besoins et au rythme de chaque enfant et qui éveillent la curiosité des tout-petits sont valorisées. Les enfants sont invités à apprendre au contact de la nature en développant une relation étroite avec le territoire, ses cours d’eau, sa flore et sa faune, de façon à renforcer leur identité culturelle et leur lien avec leurs ancêtres.
On y aborde les rôles et responsabilités des parents, de la famille élargie, de la communauté, des éducatrices et éducateurs et des gestionnaires des services de garde pour travailler en collaboration et, ainsi, favoriser le mieux-être des enfants. Le développement des enfants est mis en relation avec le sentiment d’appartenance à une communauté où ils pourront former leur identité et trouver leur place.
L’approche holistique mise de l’avant cherche la reconnaissance personnelle, l’affirmation culturelle, l’implication et l’inclusion dans la communauté et l’assouvissement du besoin d’être vu, entendu et valorisé. Le développement des enfants doit englober tant le côté physique et moteur que les aspects cognitifs, sociaux et affectifs, langagiers et spirituels.
Ce mémoire de maîtrise recense de manière non exhaustive la littérature scientifique sur les pratiques de dépistage utilisées par le personnel éducateur dans les services de garde en installation.
Il met en lumière les avantages des pratiques relevées et les défis liés à celles-ci. L’auteure retient sept études : une réalisée en Autriche et les autres, aux États-Unis. Les pratiques identifiées utilisent l’observation de l’enfant dans son milieu. Dans quatre cas, cette observation est basée sur l’instrument de dépistage ASQ-3, soit un questionnaire pouvant être rempli par les parents (n = 2) ou le personnel éducateur (n = 2). Les autres cas comparent simplement l’enfant avec ses pairs. Le dépistage s’effectue la plupart du temps dans les 45 jours suivant l’entrée de l’enfant dans le milieu de garde.
De manière générale, les études révèlent que les services de garde communiquent leurs conclusions aux parents et font référence à des services externes lorsque le développement de l’enfant soulève des inquiétudes.
L’auteure recommande notamment de fournir davantage de formation au personnel éducateur sur les manières de dépister les retards développementaux et de communiquer avec les parents, en plus de lui accorder plus de temps pour effectuer le dépistage.
Dans le cadre d’un projet mené entre 2023 et 2026 visant à approfondir les connaissances de la main-d’œuvre du secteur des services de garde au Canada, cette note de breffage se penche sur le rôle de l’immigration dans les stratégies de main-d’œuvre.
L’auteure souligne que les immigrantes et les résidentes non permanentes occupent une proportion importante (soit le tiers) des emplois au sein des services de garde au Canada. Les données font néanmoins état d’obstacles vécus par les travailleuses immigrantes en raison des difficultés linguistiques, de la discrimination, de l’intimidation vécue et, dans certains cas, de l’exploitation. Les contraintes liées à leur statut migratoire et les politiques d’immigration changeantes accentuent la vulnérabilité de ces travailleuses.
À court terme, le recrutement à l’étranger atténue la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de l’éducation à la petite enfance. Toutefois, cette stratégie ne peut être envisagée comme une solution à long terme si les conditions de travail et de rémunération ne favorisent pas la rétention de la main-d’œuvre.
L’auteure formule plusieurs recommandations, notamment d’améliorer la rémunération et les conditions de travail du personnel en services de garde et de mettre en place des parcours clairs menant à la résidence permanente pour les étudiantes étrangères qui obtiennent leur diplôme en éducation à la petite enfance.
Cette étude allemande examine comment l’agentivité des enfants, c’est-à-dire leur capacité à agir et à influencer leur environnement et les personnes, est favorisée ou limitée dans les interactions quotidiennes avec le personnel éducateur des services de garde et d’éducation à l’enfance. Elle a été réalisée dans le contexte de l’implantation de la politique Kita-Beirat, qui vise à promouvoir une gouvernance participative impliquant tous les acteurs, incluant les enfants.
Les données ont été recueillies dans trois services de garde et d’éducation à l’enfance accueillant 78 enfants de 3 à 6 ans en Rhénanie-Palatinat, un État fédéral allemand. La méthodologie s’appuie sur des méthodes adaptées aux enfants (dessins, photographies, marionnette, etc.) ainsi que sur des observations et des entretiens de groupe réalisés avant et après la mise en œuvre de la politique. Les analyses mettent en évidence trois thèmes centraux : les dynamiques de pouvoir, les relations et l’espace-temps.
Les résultats montrent que la qualité des relations avec les éducatrices et les éducateurs, plus que les structures participatives formelles, détermine la possibilité pour les enfants d’exprimer leur voix et d’exercer leur agentivité. La qualité et la réactivité quotidiennes des interactions entre le personnel éducateur et les enfants, l’attention partagée, la réciprocité et l’ouverture aux points de vue des enfants créent les conditions permettant à l’agentivité de l’enfant de prendre forme.
Beyond Voice: High-Quality Interactions and Children’s Agency in Early Childhood Education (Eur.) – En anglais seulement
Cette étude allemande vise à mieux comprendre comment les tâches multiples que doivent accomplir les professionnelles et professionnels de la petite enfance lors de l’accueil matinal des enfants influencent la qualité de leurs interactions avec les parents.
Les chercheurs ont comparé deux hypothèses : celle du « compromis », selon laquelle les tâches simultanées nuisent à la communication avec les parents, et celle de la « synergie », qui suppose que l’engagement auprès de l’enfant peut améliorer cette communication. Ils ont également évalué l’effet de la présence de plusieurs membres du personnel professionnel lors de l’accueil de l’enfant. Les données ont été recueillies entre juin 2024 et avril 2025.
Deux observateurs ont évalué 309 interactions parents-professionnels dans 62 services de garde et d’éducation à la petite enfance d’une région allemande à l’aide d’un outil standardisé (Interaction Quality during Transition - Scale) mesurant l’accueil, les stratégies de communication et les « au revoir ». Les résultats montrent que la majorité des parents (plus de 80 %) étaient accueillis par au moins un membre du personnel professionnel au moment de laisser leur enfant au service de garde. En revanche, dans plus de la moitié des situations (55,3 %), aucun « au revoir » verbal n’était adressé aux parents lors du transfert.
Les résultats indiquent également que le fait d’interagir avec l’enfant favorise généralement la qualité des échanges entre le personnel et les parents. Toutefois, lorsque l’attention portée à l’enfant devient trop importante, la qualité de la communication entre les parents et le personnel professionnel diminue. Le partage des responsabilités d’accueil entre plusieurs membres du personnel professionnel optimise les interactions.
Parent–Professional Interaction Under Multiple Demands: An Observational Study of Drop-Off Moments in Preschools (Eur.) – En anglais seulement
Ce rapport fait état des données collectées et des systèmes de suivi de la performance mis en place par les pays membres de l’OCDE pour identifier les enfants vulnérables et suivre leur participation aux services de garde éducatifs à l’enfance.
Les auteurs examinent comment les systèmes de suivi peuvent mieux repérer et réduire les inégalités de participation à ces services des enfants vulnérables. Les enfants vulnérables réfèrent, dans ce rapport, à ceux qui sont plus susceptibles de se heurter à des obstacles qui nuisent à leur développement et à leur apprentissage en raison de la présence de facteurs de risque. Ceux-ci peuvent être, par exemple, les désavantages socioéconomiques, le contexte d’immigration ou de réfugié, l’appartenance à une minorité ethnique ou linguistique, les besoins de soutien particulier ainsi que l’isolement géographique.
Selon les auteurs, la collecte et l’analyse de données de qualité, comparables sur l’ensemble des territoires, permettent d’établir des liens entre les informations et de déceler les inégalités en matière de participation aux services de garde. Il est alors possible de distinguer la participation passive (accès, inscription) de la participation active (intensité, continuité, qualité des services) et de déceler les principaux obstacles à l’inclusion des enfants vulnérables à travers ces différentes dimensions. L’utilisation de sources de données multiples, incluant des données administratives et d’enquêtes, est à préconiser. Des systèmes de données intégrés et des cadres de gouvernance coordonnés devraient être mis en place dans le but d’élaborer des politiques plus efficaces et mieux ciblées visant à favoriser davantage la participation inclusive des enfants.
Monitoring Inclusive Participation in Early Childhood Education and Care: Concepts, Indicators, and Practices across OECD Countries (Int.) – En anglais seulement
Cette étude espagnole vise à déterminer si le sentiment d’appartenance à l’école et la régulation émotionnelle protègent les élèves migrants contre l’intimidation et la cyberintimidation.
L’équipe de recherche a analysé les données de deux enquêtes transversales, la première réalisée en 2019 auprès de 1 972 adolescentes et adolescents, et la deuxième menée en 2022 auprès de 2 640 jeunes âgés de 12 à 18 ans de la région de La Rioja en Espagne.
Lors de ces enquêtes, les élèves ont eu à répondre à des questionnaires validés portant notamment sur l’intimidation, la cyberintimidation, l’appartenance scolaire et la régulation émotionnelle. Les auteurs constatent que la majorité des élèves qui ont déclaré avoir subi de la cyberintimidation ont également été victimes d’intimidation, ce qui suggère une même dynamique de victimisation plutôt que des phénomènes indépendants.
Les résultats montrent également que les élèves migrants sont davantage exposés à l’intimidation et à la cyberintimidation que leurs pairs non migrants. Cependant, cette différence diminue fortement lorsque les jeunes migrants présentent un fort sentiment d’appartenance à leur école et une bonne régulation émotionnelle, deux facteurs qui jouent un rôle protecteur. L’étude souligne ainsi l’importance de créer un climat scolaire inclusif.
Bullying and Cyberbullying Victimization in Adolescent Migrants: Emotional Adjustment and School Belonging as Protective Factors (Eur.) – En anglais seulement
Les conclusions des publications présentées dans ce bulletin ne reflètent pas nécessairement
les points de vue ni les positions officielles du Ministère.
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