Mai 2026
Le bulletin de veille rend disponibles au public des informations pertinentes, rigoureuses et fiables issues d’articles scientifiques ou de la littérature grise sur des thèmes liés à l’enfance, à la famille, aux services de garde et à la lutte contre l’intimidation.
La veille a pour but d’alimenter la réflexion stratégique sur des thèmes liés à la mission du ministère de la Famille. Elle permet d’identifier les nouvelles tendances, les pratiques émergentes ainsi que les enjeux susceptibles d’influencer la prise de décision et permettant d’anticiper les changements importants.
DANS CETTE PAGE :
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Ce webinaire aura lieu le jeudi 4 juin 2026, de 12 h à 13 h. Il fait partie d’une série de quatre dîners d’apprentissage portant sur la séparation parentale, organisée par l’équipe de recherche en partenariat Arabesque.
Cette capsule vidéo, à laquelle collabore Annabelle Berthiaume, professeure à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke, fait partie d’une série de trois capsules qui abordent les enjeux d’inclusion et les pratiques inclusives et démocratiques développées dans les organismes communautaires Famille.
Cette présentation de Caroline Fitzpatrick, professeure à l’Université de Sherbrooke, a été enregistrée dans le cadre du colloque 2025 de l’Observatoire pour l’éducation et la santé des enfants, dont le thème était Les écrans et nos jeunes : perspectives et pistes de solution.
Cette étude qualitative, menée au Portugal, examine les attentes de futurs parents d’un premier enfant sur l’implication de chacun des partenaires lors de la transition vers la parentalité.
Des entretiens virtuels ont été menés au cours du troisième trimestre de grossesse auprès de 34 couples hétérosexuels (N = 68). Les participantes et participants, interrogés individuellement, ont partagé leurs attentes quant à la coopération parentale, la répartition des rôles en matière de soins et le niveau de soutien attendu de leur partenaire. L’analyse des entretiens permet d’identifier cinq modèles de coopération parentale. Parmi les 34 couples, 20 sont associés à un modèle considéré congruent, c’est-à-dire que les deux partenaires anticipent une dynamique similaire et partagent les mêmes attentes de collaboration et d’apprentissages communs. Quatorze couples sont associés au modèle incongruent, qui reflète une disparité dans les attentes respectives ou un manque de réflexion sur la situation.
Les résultats démontrent la forte influence des schémas genrés dans les attentes de soutien des partenaires, même lorsque le couple a des attentes égalitaires partagées, et celle des facteurs structurels, comme les congés parentaux. Les auteures rappellent l’importance de partager ses attentes avant la transition vers la parentalité en ayant une communication ouverte ainsi que l’importance des mesures garantissant un congé parental protégé et non transférable pour le deuxième parent, pour traduire les intentions d’égalité en pratiques quotidiennes.
Dyadic Expectations of Cooperation and Support in the Transition to Parenthood (Eur.) – En anglais seulement
Cette étude porte sur la conciliation travail-famille de couples soumis à un horaire de travail imprévisible. Les auteurs s’intéressent à l’influence de différentes configurations d’horaires de travail sur la répartition des tâches domestiques et des responsabilités parentales.
L’analyse s’appuie sur les données d’enquêtes transnationales regroupées menées en 2021 au Canada, en Allemagne, en Pologne, en Italie, en Suède et aux États-Unis, auprès de parents hétérosexuels à double revenu ayant de jeunes enfants.
Les résultats révèlent une plus grande nécessité d’adaptation quant au soin aux enfants, comparativement aux tâches domestiques. En effet, la lessive ou la préparation des repas peuvent se faire à tout moment de la journée, tandis que les besoins des enfants sont immédiats et les horaires scolaires, plus rigides. Les auteurs constatent une plus grande implication du père dans les soins des enfants dans les couples dont les deux partenaires ont un horaire imprévisible que dans les couples dont l’horaire est prévisible. De même, lorsqu’un seul des parents a un horaire imprévisible, le partenaire s’implique également davantage.
Unpredictable Work Schedules and Gender Divisions of Domestic Labor (Eur.) – En anglais seulement
Pour faire face aux défis liés à la baisse constante des naissances observée au cours des 15 dernières années, le gouvernement norvégien a mis sur pied, en 2024, le Comité sur le taux de natalité. Son mandat consiste à examiner les causes et les conséquences du déclin de la natalité.
Le comité énonce plusieurs raisons d’ordre socioéconomique qui expliquent cette baisse et formule des propositions qui, à terme, devraient permettre aux jeunes adultes de combler leur désir d’avoir des enfants. De manière générale, les mesures proposées visent à réduire l’exclusion sociale et économique, à améliorer le soutien financier destiné aux parents de moins de 30 ans, à améliorer les services de santé destinés aux futurs et aux jeunes parents, à améliorer le marché du logement pour les familles avec enfants ainsi qu’à faciliter l’arrimage entre la fin du congé parental et l’entrée de l’enfant en service de garde.
Finalement, le comité propose un projet pilote sur la réduction du temps de travail pour les parents de jeunes enfants ainsi que des mesures pour leur permettre de mieux concilier travail et famille, comme une meilleure information sur leurs droits parentaux en contexte d’emploi.
NOU 2026: 2 Policy for New Generations – Causes, Consequences and Measures Related to Low Birth Rates (Eur.) – En anglais seulement
Cette étude s’intéresse au regret lié à la parentalité en Suisse, et identifie les facteurs qui y sont associés.
Les auteures ont analysé un échantillon représentatif de 1 923 femmes et 1 461 hommes, sélectionné à partir de données recueillies dans le cadre d’une étude longitudinale débutée en 2023. Celle-ci porte sur les perceptions au sujet de la procréation médicalement assistée et la formation des familles (Swiss Assisted Reproduction Longitudinal Study).
Les résultats montrent qu’une même proportion d’hommes et de femmes, qui atteint 29 %, éprouve parfois des regrets liés à la parentalité; une prévalence plus élevée par rapport aux études antérieures. Les chercheuses expliquent cet écart notamment par la formulation de la question, « Regrettez-vous parfois d’être devenu parent? », susceptible de repérer les regrets temporaires.
Si la proportion est la même pour les hommes et pour les femmes, les raisons qui justifient ces regrets diffèrent. Le regret chez les femmes est plus souvent associé à l’âge et à l’absence d’une relation épanouissante. Chez les hommes, ceux qui ont des enfants pour des raisons plus instrumentales (comme la réputation) regrettent davantage que ceux qui en ont pour des raisons intrinsèques, comme le fait de considérer que les enfants sont une source d’inspiration.
Regretting Mother- and Fatherhood in Switzerland: Equal Parenthood Regret but for Different Reasons (Eur.) – En anglais seulement
Cette revue de littérature analyse 80 études empiriques pour connaître les barrières rencontrées par les travailleuses et travailleurs quant à l’accès aux politiques et aux mesures de conciliation travail-famille offertes par leur employeur.
Les études sont analysées selon un cadre théorique visant à expliquer les décisions et les comportements des gens par trois critères : la motivation, l’opportunité et la capacité.
Les auteurs dégagent quatre thèmes de leur analyse. Le premier est le manque de soutien, qui indique souvent un besoin de changement de culture organisationnelle et de mesures implantées à grande échelle dans les milieux de travail. Le deuxième thème concerne la distinction faite entre divers types de travailleuses et travailleurs, selon laquelle les mesures sont perçues comme des privilèges pour une partie de la main-d’œuvre, au détriment des autres, comme les personnes occupant des emplois temporaires ou des postes moins élevés dans la hiérarchie. Le troisième thème est celui des normes genrées en milieu de travail : les hommes ont peu accès aux mesures de conciliation travail-famille et les utilisent moins, tandis que les femmes peuvent subir des pénalités professionnelles lorsqu’elles les utilisent. Le quatrième thème touche plus les secteurs majoritairement féminins, comme celui des soins de santé, qui offrent un accès moindre aux politiques de conciliation, notamment en raison de la dévaluation systémique du travail des femmes.
What Hinders Employees’ Access to and Use of Family-Friendly Policies: A Systematic Review of Motivations, Opportunities, and Abilities (Int.) – En anglais seulement
Les auteurs de cette étude examinent l’association entre l’utilisation des écrans chez les jeunes enfants et leurs résultats scolaires en lecture, en écriture et en mathématiques à l’école primaire.
Ils ont utilisé les données du projet TARGet Kids!, recueillies auprès de parents ontariens d’enfants qui ont été suivis à partir de l’âge de 5 ans ou moins. L’échantillon comprend 3 322 enfants de troisième année et 2 084 de sixième année. Les parents de ces enfants avaient répondu à des questions sur le temps d’écran total de leur enfant au cours d’une journée type et sur le temps passé sur diverses formes d’écrans (ex. : télévision, jeux vidéo, appareils portables) à plusieurs moments de la vie de l’enfant. Selon les résultats, un temps d’écran total élevé chez les enfants en bas âge ainsi qu’une exposition prolongée à la télévision et aux médias numériques, qui incluent l’ordinateur et les appareils portables, sont associés à des résultats scolaires inférieurs en lecture en troisième année ainsi qu’en mathématiques en troisième et en sixième année. L’utilisation de jeux vidéo était, quant à elle, associée à de moins bons résultats en lecture en troisième année pour les garçons et les filles, et à une performance plus faible en mathématiques chez les filles.
Selon les auteurs, des interventions précoces visant à réduire l’usage des écrans, et qui tiennent compte de la qualité du contenu et du contexte d’usage, devraient être mises en œuvre pour favoriser la réussite scolaire des enfants.
Screen Time and Standardized Academic Achievement Tests in Elementary School (Can.) – En anglais seulement
Les auteurs de cette étude analysent la relation entre l’utilisation des écrans et le développement socioémotionnel des enfants âgés de deux à six ans. Ils ont opté pour un cadre multidimensionnel qui prend en compte le temps total d’exposition, le type d’écran et de contenu, le contexte dans lequel les appareils sont utilisés et l’âge du premier usage des écrans par les enfants.
Les données proviennent d’un projet longitudinal et de questionnaires remplis par les parents de 940 enfants fréquentant un milieu préscolaire portugais. Les résultats indiquent qu’une exposition précoce aux écrans (à l’âge de deux ans ou moins) est associée à des difficultés socioémotionnelles plus importantes chez l’enfant. De plus, une exposition accrue aux téléphones intelligents et à la télévision, un usage non encadré (en solo) de ces appareils et l’emploi du téléphone intelligent lors des repas sont associés à des problèmes de comportement plus marqués. Les résultats suggèrent qu’au-delà de la durée totale d’utilisation des écrans, il importe de considérer l’âge de l’enfant et le contexte d’utilisation des écrans. En outre, une exposition précoce aux écrans et une utilisation des téléphones intelligents lors des moments familiaux tels que les repas devraient être évitées, puisque ces pratiques affectent le développement socioémotionnel de l’enfant.
Les auteurs recommandent de miser sur des utilisations interactives des écrans en compagnie d’un parent pour les enfants âgés de plus de deux ans et sur une sélection réfléchie des contenus auxquels ils peuvent avoir accès.
Device-Specific and Contextual Patterns of Screen Use: Links to Emotional and Behavioral Outcomes in Early Childhood (Eur.) – En anglais seulement
Cet article étudie l’importance du jeu salissant chez les jeunes enfants, soit les activités impliquant des interactions tactiles avec, par exemple, de la terre, de la boue, des plantes et des micro-organismes.
Alors que la recherche s’est largement concentrée sur le jeu risqué pour ses effets sur la confiance, les habiletés motrices et la résilience, les deux auteurs, issus du milieu universitaire, soutiennent que le jeu salissant est tout aussi essentiel au développement. En s’appuyant sur des travaux en santé publique, en épidémiologie et en microbiologie environnementale, ils montrent que l’exposition aux environnements naturels favorise le développement des systèmes immunitaire et endocrinien, des fonctions cognitives et du bien-être émotionnel. Toutefois, dans des sociétés de plus en plus urbanisées, les enfants sont moins exposés à ces milieux, notamment en raison de normes d’hygiène valorisant la propreté et la stérilité.
Les auteurs concluent que l’intégration du jeu salissant dans les programmes éducatifs en petite enfance pourrait renforcer la santé globale des enfants et leur relation avec la nature.
From Risky Play to Dirty Play: Why Young Children Need ‘Dirty’ Nature Play in Their Lives (Int.) – En anglais seulement
Ce rapport, préparé par l’Institut de la statistique du Québec, retrace le début de parcours en milieu de garde des enfants âgés d’environ un an et demi (17 mois), à partir des résultats de l’étude longitudinale Grandir au Québec.
La portion concernée dans l’étude a été menée entre mai 2022 et mars 2023 auprès de 3 879 familles. Les résultats montrent que pour 61 % des enfants, les deux parents ont bénéficié des prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Pour 21 % d’entre eux, seule la mère en a reçu, tandis que pour 7 % des enfants, seul le père en a obtenu. Parmi les familles dans lesquelles les deux parents ont reçu des prestations du RQAP, plus du tiers (35 %) des parents ont partagé leurs prestations. Les résultats indiquent également qu’une majorité (83 %) des enfants d’environ 17 mois fréquentaient un milieu de garde, surtout des centres de la petite enfance (27,9 %) et des services de garde en milieu familial subventionnés (23,2 %). Un peu plus de deux enfants gardés sur trois (68 %) ont commencé à fréquenter un milieu de garde avant l’âge d’un an. Certains tout-petits étaient moins susceptibles de fréquenter un milieu de garde, notamment ceux de familles à faible revenu, de parents immigrants et de ménages où l’un des parents ne travaille pas. La proportion de tout-petits qui avaient contracté quatre infections ou plus était plus élevée chez ceux qui fréquentaient un milieu de garde à environ 17 mois que chez ceux qui n’en fréquentaient pas un (54 % c. 22 %).
Cette étude s’intéresse aux liens entre l’éducation par la nature et la pédagogie émergente. Selon cette pédagogie, les enfants eux-mêmes sont la source des actions éducatives, auxquelles le personnel éducateur doit s’adapter.
Dans cette étude, la pédagogie émergente est analysée à travers les actions éducatives et les interactions observées dans des groupes d’enfants âgés de trois à cinq ans en centres de la petite enfance. L’étude fait partie du projet longitudinal Campagnol et suit un devis comparatif quasi expérimental. Dix-neuf membres du personnel éducateur ont été séparés en deux groupes, selon la fréquence de leurs sorties en nature.
Les résultats indiquent que le personnel éducateur du groupe qui faisait davantage de sorties en milieu naturel n’avait pas davantage recours à l’ensemble des actions éducatives caractérisant la pédagogie émergente que celui du groupe qui s’y adonnait moins fréquemment. En revanche, quatre actions de pédagogie émergente, telles que le soutien des enfants pendant l’exploration et l’étayage pendant le jeu, étaient favorisées par le personnel éducateur qui s’adonnait plus souvent à des sorties en milieu naturel avec les enfants. De plus, lorsque les sorties étaient plus fréquentes, les activités étaient plus souvent initiées par les enfants et dépendaient davantage de leurs intérêts et de l’environnement que d’un programme planifié. La qualité des interactions avec les enfants était, elle aussi, supérieure dans le groupe où les sorties en nature étaient plus fréquentes.
Les auteures de cette étude se penchent sur la situation des familles canadiennes dont la demande pour un service de garde n’est pas satisfaite et sur les obstacles rencontrés pour y avoir accès. Les données proviennent de l’Enquête canadienne sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants de 2023, à laquelle les familles de 30 330 enfants de 0 à 5 ans vivant au Canada ont participé.
Selon les résultats, seul un tiers des enfants fréquentent un service de garde qui répond pleinement aux souhaits de leurs parents et un enfant sur cinq, un service qui y répond partiellement. Les parents de 31 % des enfants n’ont pas accès à un service de garde alors qu’ils souhaiteraient y recourir (ils ont ainsi déclaré que leur demande n’est pas du tout satisfaite). Certains groupes sont plus susceptibles de signaler une demande non satisfaite et des obstacles pour accéder aux services de garde : il s’agit notamment des parents qui travaillent selon des horaires atypiques, ceux qui habitent à l’extérieur du Québec, les parents d’enfants autochtones et ceux issus de minorités visibles ou membres d’une communauté ethnique.
De plus, la moitié des parents d’enfants âgés de moins de deux ans déclarent que leurs besoins en matière de garde d’enfants ne sont pas du tout satisfaits. La barrière d’accès aux services de garde la plus fréquemment nommée par les parents est le coût non abordable de ces services. Du côté des préférences, la qualité des services de garde et la flexibilité des horaires sont les options les plus choisies par les parents.
Parental Preferences and Unmet Demand for Child Care for Children Aged Zero to Five Years in Canada (Can.) – En anglais seulement
Cet article aborde les effets de la fréquentation des services éducatifs à la petite enfance sur le développement cognitif et non cognitif des enfants.
Les auteures étudient la fréquentation de la maternelle chez les enfants de trois à quatre ans en France et ses effets en analysant les données d’un échantillon comprenant 12 000 enfants, tiré de l’Étude longitudinale française depuis l’enfance (Elfe). Elles explorent également les différences selon le statut socioéconomique des familles et les caractéristiques des services éducatifs.
Les résultats montrent que l’accès universel à la maternelle contribue à réduire les inégalités socioéconomiques en matière de développement des enfants. Les enfants issus de familles défavorisées, tant sur le plan du niveau d’éducation que sur le plan des revenus des parents, ainsi que ceux scolarisés dans des établissements défavorisés, semblent tirer un bénéfice plus important d’une scolarité préscolaire plus longue que leurs pairs plus favorisés, en matière de compétences cognitives précoces et de développement global. En revanche, l’intensité de la fréquentation, mesurée en nombre d’heures quotidiennes, n’a pas d’effet significatif. Les auteures précisent néanmoins que certains aspects du développement, dont l’aspect socioémotionnel, n’ont pas été examinés dans le cadre de leur étude, et que l’intensité de la fréquentation des services éducatifs à la petite enfance pourrait avoir une incidence sur cet aspect.
Can Early Universal Preschool Reduce Socioeconomic Inequalities in Child Development? The Role of Duration and Intensity of Preschool Attendance in the French Birth Cohort, Elfe (Eur.) – En anglais seulement
Cette étude menée par des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal examine l’intimidation scolaire vécue par les jeunes 2ELGBTQNB+ en situation de handicap. Les données proviennent de l’enquête canadienne en ligne Bien-être et résilience devant l’adversité (BRAV), réalisée entre 2019 et 2020 auprès de jeunes âgés de 15 à 29 ans.
L’analyse porte sur un échantillon de 1 215 élèves ayant répondu à des questions portant notamment sur l’intimidation vécue en contexte scolaire au cours des 12 derniers mois, les politiques scolaires contre l’intimidation et leur santé mentale.
Les résultats montrent que les jeunes 2ELGBTQNB+ en situation de handicap sont plus susceptibles d’être victimes d’intimidation que leurs pairs sans handicap, autant de la part d’autres élèves que de la part du personnel scolaire. L’étude souligne également le rôle bénéfique des politiques anti-intimidation en milieu scolaire et l’importance de contester la cisnormativité, l’hétéronormativité et le capacitisme structurels, qui sont liés aux comportements d’intimidation envers les jeunes 2ELGBTQNB+, en particulier ceux en situation de handicap.
Les auteurs rappellent néanmoins que les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du caractère non représentatif de l’échantillon et du contexte particulier de collecte des données, qui pourrait avoir été influencé par les mesures liées à la pandémie de COVID-19.
Cette étude examine les liens entre l’orientation sexuelle, l’adhésion aux normes masculines et les expériences d’intimidation chez les jeunes.
Les auteurs explorent également l’influence de ces facteurs sur la gravité de la dépression chez les adolescents australiens. À cette fin, ils ont procédé à une analyse par pistes causales de données tirées de l’étude longitudinale Ten to Men à partir d’un échantillon représentatif de 841 garçons âgés de 15 à 18 ans.
Les résultats montrent que l’intimidation subie, qu’elle soit traditionnelle ou en ligne, constitue le facteur le plus déterminant de la gravité de la dépression vécue par les jeunes. Le fait d’être auteur d’intimidation contribue également, mais dans une moindre mesure, à l’aggravation des symptômes dépressifs. Les jeunes bisexuels et en questionnement présentent des symptômes dépressifs plus graves par rapport aux jeunes hétérosexuels, indépendamment de leur expérience d’intimidation; les adolescents homosexuels sont pour leur part plus susceptibles d’être victimes de cyberintimidation. Le fait d’avoir été victime d’intimidation et l’adhésion aux normes masculines traditionnelles représentent deux des facteurs prédictifs de la pratique de l’intimidation. La conformité aux normes masculines traditionnelles constitue également un facteur prédictif direct de la gravité de la dépression.
À la lumière de ces résultats, les auteurs recommandent la mise en place d’interventions scolaires contre l’intimidation qui incluent les espaces en ligne et qui remettent en question les normes masculines dominantes dans le but de favoriser la santé mentale des garçons.
A Path Analysis of Depression Severity Among Adolescent Boys in Australia: Exploring the Roles of Sexual Orientation, Traditional Masculinity, and Bullying (Int.) – En anglais seulement
Cette étude longitudinale australienne s’intéresse à l’engagement scolaire des jeunes autochtones, c’est-à-dire au fait d’avoir une attitude positive envers l’école, comme facteur de protection par rapport à l’intimidation vécue.
Les données sont issues de quatre temps de collecte (menés entre 2014 et 2019) de l’enquête Footprints in Time : The Longitudinal Study of Indigenous Children, conduite auprès de 490 adolescentes et adolescents âgés de 11 à 16 ans.
Les résultats montrent que l’engagement scolaire permet de prédire la résilience face à l’intimidation et atténue certaines conséquences négatives de ce phénomène sur la santé mentale des jeunes. Favoriser l’engagement scolaire est donc une piste d’action prometteuse pour outiller les jeunes autochtones, qui sont particulièrement victimes d’intimidation. Les interventions qui soutiennent l’amélioration du climat scolaire ou le soutien du corps enseignant et des pairs en sont de bons exemples.
School Engagement and Resilience in Bullied Indigenous Adolescents: A Strengths-Based Analysis of a Longitudinal Study (Int.) – En anglais seulement
Les conclusions des publications présentées dans ce bulletin ne reflètent pas nécessairement
les points de vue ni les positions officielles du Ministère.
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